{"id":84,"date":"2014-12-20T09:40:50","date_gmt":"2014-12-20T08:40:50","guid":{"rendered":"http:\/\/bernarddelepine.fr\/?p=84"},"modified":"2014-12-20T10:11:55","modified_gmt":"2014-12-20T09:11:55","slug":"recit-du-dernier-guillotine-en-public-a-angers-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/?p=84","title":{"rendered":"R\u00e9cit du dernier guillotin\u00e9 en public \u00e0 Angers (1)"},"content":{"rendered":"<p><em>Le Pasteur Bernard Del\u00e9pine, qui fut aum\u00f4nier protestant durant 24 ans \u00e0 la Maison d&rsquo;Arr\u00eat d&rsquo;Angers, vous propose 5 \u00e9pisodes (r\u00e9flexion personnelle en conclusion) portant sur la derni\u00e8re ex\u00e9cution \u00e0 mort EN PUBLIC \u00e0 Angers.\u00a0\u00a0 Articles parus dans le \u00ab\u00a0Courrier de l&rsquo;Ouest\u00a0\u00bb\u00a0 <strong>1er \u00e9pisode<\/strong><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><strong>Pierre Gueurie, dernier capit\u00e9 en public en France<\/strong><\/p>\n<p>Pierre Gueurie, mort en 1934, est le dernier condamn\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 sur la place publique \u00e0 Angers. Amen\u00e9s \u00e0 \u00e9voquer cette affaire, il y a quelques mois, nous avons commis une impr\u00e9cision sur le lieu o\u00f9 avaient \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s les bois de justice. Cela nous a valu un abondant courrier, preuve que cette d\u00e9capitation est rest\u00e9e dans la m\u00e9moire de nombreux Angevins. Les t\u00e9moignages que nous reproduisons encore aujourd&rsquo;hui le confirment. Nous avons d\u00fb v\u00e9rifier dans les archives du \u00ab Petit Courrier \u00bb, pr\u00e9d\u00e9cesseur, avant-guerre, du \u00ab Courrier de l&rsquo;Ouest \u00bb, les circonstances de la mort de Gueurie.<\/p>\n<p><strong>Location de fen\u00eatres et si\u00e8ge pour le \u00ab\u00a0spectacle\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Nous y avons trouv\u00e9 une abondante litt\u00e9rature : les ex\u00e9cutions publiques faisaient recette. Quand on avait la chance d&rsquo;habiter tout pr\u00e8s, on louait ses fen\u00eatres ou des si\u00e8ges aux curieux. Gueurie mort, les ex\u00e9cutions auront lieu hors de la vue du public, dans l&rsquo;enceinte de la prison d&rsquo;Angers. Le chef-lieu de Maine-et-Loire sera d&rsquo;ailleurs la derni\u00e8re ville de France \u00e0 avoir vu tomber la t\u00eate d&rsquo;une femme. Pourquoi la mort de Gueurie reste-t-elle si ancr\u00e9e dans les m\u00e9moires ? C&rsquo;est la seule dont on puisse vraiment se souvenir en Anjou. La pr\u00e9c\u00e9dente remontait au 7 juillet 1896, 37 ans plus t\u00f4t. Il n&rsquo;y a plus personne pour en t\u00e9moigner aujourd&rsquo;hui. La relation des circonstances du drame (l&rsquo;assassin a tu\u00e9 une petite angevine), puis de l&rsquo;installation de la guillotine et enfin de la mort de Gueurie, t\u00e9moigne d&rsquo;une \u00e9poque. Le \u00ab Petit Courrier \u00bb se fait l&rsquo;\u00e9cho de l&rsquo;horreur qui a assailli la population dans un luxe de d\u00e9tails que nous avons \u00e9pur\u00e9s. On d\u00e9couvrira cependant ici l&rsquo;essentiel de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement tel qu&rsquo;il fut pr\u00e9sent\u00e9 aux lecteurs angevins au moment o\u00f9 passa la justice. La dramatisation, le caract\u00e8re th\u00e9\u00e2tral de l&rsquo;arriv\u00e9e et de l&rsquo;installation de la guillotine devaient dissuader les criminels en puissance. Le journal relayait. On sait bien depuis, que cette menace avait peu d&rsquo;effets. La peine de mort a \u00e9t\u00e9 abolie en France le 18 septembre 1981.<\/em><\/p>\n<blockquote><p><strong>Gueurie guillotin\u00e9 : le Petit Courrier raconte<\/strong><br \/>\nUne ex\u00e9cution capitale \u00e0 Angers, Pierre Gueurie, l&rsquo;odieux assassin de Simone Soleau \u00e0 Saint-Barth\u00e9l\u00e9my a \u00e9t\u00e9 guillotin\u00e9 ce matin\u00bb. Voil\u00e0 le titre de l&rsquo;\u00e9dition du 3 mars 1934 du \u00ab Petit Courrier \u00bb\u00ab La derni\u00e8re ex\u00e9cution capitale dans notre ville remonte au 7 juillet 1896. A cette \u00e9poque, le nomm\u00e9 Charles Jouneau, qui, \u00e0 coups de hachette, avait tu\u00e9 un enfant de 13 ans, le jeune Persignan, domestique de ferme \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tellerie-de-Fl\u00e9e, fut guillotin\u00e9 place de la Prison \u00bb explique le journal. 37 ans et huit mois apr\u00e8s, la \u00ab Veuve \u00bb revient \u00e0 Angers et, cette fois encore, pour un homme qui a tu\u00e9 un enfant. Elle revient en effet pour Pierre Gueurie, l&rsquo;assassin de la petite Simone Soleau.<\/p>\n<p><strong>Les crimes de Pierre Gueurie<\/strong><br \/>\nII y a exactement trois mois et dix jours que le gar\u00e7on \u00e9picier, Pierre Gueurie, \u00e2g\u00e9 de 30 ans, comparut devant la Cour d&rsquo;assises de Maine-et-Loire et fut condamn\u00e9 \u00e0 la peine de mort pour tentative d&rsquo;assassinat, assassinat et attentat \u00e0 la pudeur. Les faits qui motiv\u00e8rent cette peine capitale de la part du jury, nos lecteurs s&rsquo;en souviennent certainement. C&rsquo;\u00e9tait le 24 mars 1933, Angers \u00e9tait tout \u00e0 la joie, et dans une f\u00eate charmante dans les b\u00e2timents de la kermesse on couronnait la reine, lorsque le bruit se r\u00e9pandit en ville, comme une tra\u00een\u00e9e de poudre, qu&rsquo;une petite fille avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9e dans un champ \u00e0 Saint-Barth\u00e9lemy. La presse pr\u00e9cisait le lendemain qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la petite Simone Soleau, qu&rsquo;un inconnu avait attir\u00e9e dans un champ, au sortir de l&rsquo;\u00e9cole et avait odieusement assassin\u00e9e. L&rsquo;\u00e9motion n&rsquo;en fut pas moins tr\u00e8s vive en ville et dans toute la r\u00e9gion et l&rsquo;indignation contre l&rsquo;abominable bandit ne fit que s&rsquo;accro\u00eetre pendant les quatre jours que dur\u00e8rent les recherches pour le retrouver. On se souvient des p\u00e9rip\u00e9ties de cette journ\u00e9e du mardi 28 mars pendant laquelle toute la population fut sur pied, anxieuse, \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt du mis\u00e9rable que deux gendarmes \u00e9taient all\u00e9s chercher le matin \u00e0 l&rsquo;\u00e9picerie Guibert et Qu\u00e9lin, rue de la Roe o\u00f9 il \u00e9tait employ\u00e9 et qui leur avait \u00e9chapp\u00e9 en sortant par une porte de derri\u00e8re. Enfin, au d\u00e9but de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, on apprenait que Gueurie, reconnu dans un chemin, pr\u00e8s du G\u00e9nie, par Melle Chantreau, employ\u00e9e \u00e0 \u00ab L&rsquo;Iris de Florence \u00bb rue de la Roe, avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 rue de la Genvrie.<\/p>\n<p><strong>Ses aveux et son attitude en Cour d&rsquo;assises<\/strong><br \/>\nEn Cour d&rsquo;assises il fit des aveux complets et son attitude fut assez cynique, ne manifestant que tr\u00e8s peu de regrets de ses actes. Il reconnut que dans la soir\u00e9e du 24 mars, alors qu&rsquo;il se promenait aux environs du passage \u00e0 niveau 267 de la ligne d&rsquo;Angers \u00e0 La Fl\u00e8che, commune de Saint-Barth\u00e9l\u00e9my, avoir accost\u00e9 un groupe d&rsquo;enfants qui revenait de l&rsquo;\u00e9cole et avoir entra\u00een\u00e9 dans un pr\u00e9 la jeune Simone Sauleau, habitant chez ses parents au Petit Mongazon et de l&rsquo;avoir horriblement mutil\u00e9e. Au fond de ce pr\u00e9 \u00e9tait creus\u00e9 un foss\u00e9 profond qui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment nettoy\u00e9 et dans lequel il n&rsquo;y avait pas de fleurs ; c&rsquo;est dans ce foss\u00e9 que fut d\u00e9couvert le cadavre de Simone Sauleau. Le corps \u00e9tait couch\u00e9 sur le c\u00f4t\u00e9 droit, le bras droit se trouvait pris sous le corps, le bras gauche \u00e9tait repli\u00e9, les jambes aussi l\u00e9g\u00e8rement repli\u00e9es, dans une attitude de d\u00e9fense et dans une crispation d&rsquo;agonie. (&#8230;) L&rsquo;assassin s&rsquo;\u00e9tait livr\u00e9 sur sa petite victime \u00e0 des attouchements obsc\u00e8nes avant de la frapper sauvagement et de la tuer, le cr\u00e2ne \u00e9tait d\u00e9fonc\u00e9, le sang s&rsquo;\u00e9tait abondamment \u00e9chapp\u00e9 de cette blessure, le cou portait une plaie profonde de plusieurs doigts, \u00e0 la fesse gauche une tranche de chair avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9coup\u00e9e. Le bouquet de fleurs offert par Gueurie pour attirer la fillette a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sous le cadavre, aupr\u00e8s, un cahier d&rsquo;\u00e9coli\u00e8re.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la tentative d&rsquo;assassinat de la rue des Po\u00ebliers, il avoua que le 19 novembre 1932, vers 19 heures, il attaqua dans le couloir du num\u00e9ro 1 de l&rsquo;impasse des Po\u00ebliers, la jeune Lucienne Joret. Il l&#8217;embrassa, mais comme elle lui r\u00e9sistait et s&rsquo;enfuyait en criant, il lui porta un coup de couteau dans le dos. Ce sont ces crimes qui men\u00e8rent Pierre Gueurie devant la Cour d&rsquo;Assises.<\/p>\n<p>L\u00e0, on apprit que cet individu portait \u00e0 son casier judiciaire deux condamnations pour des faits d&rsquo;agressions et d&rsquo;attentats aux m\u0153urs sur des fillettes.<\/p>\n<p>Toutefois, lorsqu&rsquo;il entendit l&rsquo;arr\u00eat le condamnant \u00e0 la peine de mort, il eut une vive \u00e9motion. Il s&rsquo;affala sur son banc. Cette d\u00e9cision de la Cour a \u00e9t\u00e9, on se le rappelle, accueillie par des applaudissements par la foule, venue suivre les d\u00e9bats et par celle mass\u00e9e aux abords du Palais de Justice. Elle fut accueillie avec satisfaction par toutes les m\u00e8res de famille.<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\">(\u00c0 suivre)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Pasteur Bernard Del\u00e9pine, qui fut aum\u00f4nier protestant durant 24 ans \u00e0 la Maison d&rsquo;Arr\u00eat d&rsquo;Angers, vous propose 5 \u00e9pisodes (r\u00e9flexion personnelle en conclusion) portant sur la derni\u00e8re ex\u00e9cution \u00e0 mort EN PUBLIC \u00e0 Angers.\u00a0\u00a0 Articles parus dans le \u00ab\u00a0Courrier &hellip; <a href=\"https:\/\/bernarddelepine.fr\/?p=84\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":108,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[29],"tags":[38,114,18,123,2,121,59,120,117,113,119,23,118,413,115,122,116],"class_list":["post-84","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-prison","tag-angers","tag-assassinee","tag-aumonier","tag-aveux","tag-bernard-delepine","tag-cour-dassises-maine-et-loire","tag-courrier-ouest","tag-crime","tag-execute","tag-guillotine","tag-hotellerie-de-flee","tag-pasteur","tag-petit-courrier","tag-prison","tag-rue-de-la-roe","tag-rue-genvrie-angers","tag-st-barthelemy"],"wppr_data":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/DSC01379.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/84","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=84"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/84\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":100,"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/84\/revisions\/100"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/108"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=84"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=84"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bernarddelepine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=84"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}